Les Misérables

Les Misérables [French]

CD 1

CD 2:
A la volonté du peuple Ce n'est rien
Cosette: Dans la vie L'aube du 6 juin
Marius: Dans la vie Noir ou blanc
Voilà le soir qui tombe La mort de Gavroche
Le coeur au bonheur Marius et Monsieur Gillenormand
L'un vers l'autre Le mariage, "Soyez heureux"
La faute à Voltaire L'aveu de Jean Valjean
La nuit d'angoisse Marchandage et révélation
Demain Épilogue: la lumière

A la volonté du peuple
Enjolras:
À la volonté du peuple et à la santé du progrès
Remplis ton coeur d'un vin rebelle, et à demain, ami fidèle
Nous voulons faire la lumière malgré le masque de la nuit
Pour illuminer notre terre et changer la vie
Il faut gagner par la guerre notre sillon a labourer
Déblayer la misère pour les blonds epis de la paix
Qui danseront de joie au grand vent de la liberté

Tous:
À la volonté du peuple et à la santé du progrès
Remplis ton coeur d'un vin rebelle, et à demain, ami fidèle
Nous voulons faire la lumière malgré le masque de la nuit
Pour illuminer notre terre et changer la vie

Enjolras:
À la volonté du peuple, je fais don de ma volonté
S'il faut mourir pour elle, moi, je veux être le premier
Le premier nom gravé au marbre du monument d'espoir

Tous:
À la volonté du peuple et à la santé du progrès
Remplis ton coeur d'un vin rebelle, et à demain, ami fidèle
Nous voulons faire la lumière malgré le masque de la nuit
Pour illuminer notre terre et changer la vie
À la volonté du peuple et à la santé du progrès
Remplis ton coeur d'un vin rebelle, et à demain, ami fidèle
Nous voulons faire la lumière malgré le masque de la nuit
Pour illuminer notre terre et changer la vie

 

Cosette: Dans la vie
Cosette:
Dans la vie il ne me manque rien
Mais il manque quelqu'un de mon âge
Est-il loin, encore loin
Le beau prince en chemin
De mon rêve enfantin, dans sa cage

Valjean:
Mon enfant, et moi qui te crois une enfant
Il n'est pas de beau prince charmant sur cette terre

Cosette:
Mais vous avez été le prince de mon enfance
Un autre doit venir dans mon adolescence
Dans ma vie ni chagrin, ni douleur
Mais je n'ai pas le coeur au bonheur
Pas le coeur au bonheur

Valjean:
Le bonheur, c'est un cadeau de Dieu
À chacun, à son heure, à son heure

 

Marius: Dans la vie
Marius:
Dans la vie si je manque de tout
Il ne me manque rien devant elle
Elle est là, près de moi
Ma princesse au jardin
Une rose à la main, irréelle
Je croyais l'avoir perdu à tout jamais
Et voilà qu'Éponine se transforme en bonne fée
Le bon Dieu, quelquefois, est un grand magicien
Père Noël égaré venant au mois de juin
Et la vie soudain en un éclair
Me cravache le coeur quand la mort
M'habitait, hier encore

Éponine:
Le bonheur fait le pauvre plus riche
Et fait le riche meilleur, meilleur

 

Voilà le soir qui tombe
Éponine:
Voilà, le soir qui tombe
Hélà, trêve de rêve
Ils vont venir en nombre
L'attaque est pour cette nuit
C'est l'aut'jour comme ça par hasard
Que j'ai retrouvé sa trace
En faisant le guet devant
Pour ce coquin de Montparnasse
Qu'avait réperé c'te
Belle villa déserte, abandonée
Et qui voulait que j'verifie
Qu'on pouvait la vider en paix
L'endroit n'était pas vide
J'ai vu un vieux monsieur
Le père, le vieux mécène
Avec une jeune fille
J'ai su tout d'suite que c'est elle
J'ai dit, danger, c'est louche
À c'te villa, pas touche
J'ai voulu protéger l'amour
Sans rien trahir pourtant dans mon discours
Mais je sens qu'ils viendront quand même
Et mon père, s'il s'évade, de même
Courez vite auprès d'elle
Lui dire que vous l'aimez
Je reste en sentinelle
Chacun sa destinée

 

Le coeur au bonheur (Cosette et Marius)
Marius:
Le coeur au bonheur
J'espère et j'ai peur
Que ces mots fassent mon malheur
Et qu'elle me dise

Cosette:
Je ne sais même pas votre nom

Marius:
Mon dieu, pardon
Excusez ma sottise

Cosette:
Le coeur au bonheur
J'attendais un prince

Marius:
Je m'appelle Marius Pontmercy

Cosette:
Et moi, Cosette

Marius:
Je vous ai vu au Luxembourg

Cosette:
Prince d'amour

Ensemble:
Te voilà, comme en rêve
Les anges, quelquefois
Se rencontrent sur terre

 

L'un vers l'autre
Éponine:
Deux anges qui se découvrent
N'ont rien à expliquer
Deux âmes qui se retrouvent
Ont tout dit sans parler
J'ai souvent rêvé
Dans les bras de Marius d'être à sa place
Devant ce bonheur
D'un autre monde la jalousie s'efface
Ils marchaient sans savoir l'un vers l'autre
Comme la chance quand elle cherche le hasard
Deux enfants mis au monde l'un pour l'autre
Pour jouer les héros d'une histoire
Ils descendent des nuages
Rayonnants de mystère
Pour faire un long voyage
D'amour sur cette terre
À peine se sont-ils vus
Qu'ils se sont reconnus
Avant de se connaître
Le bonheur leur va bien l'un à l'autre
Un aveugle en son coeur pourrait le voir
Le bonheur, ça fait mal chez les autres
Quand on n'a pas de rôle dans l'histoire
Mais dans une pièce à deux
Les autres n'ont pas réplique
Ils sont dans le public
Ils marchaient sans savoir l'un vers l'autre
Et la chance à trouvé le hasard
On n'peut plus les aimer l'un sans l'autre
Sans trahir la morale de l'histoire

 

La faute à Voltaire
Gavroche:
Je suis tombé par terre, c'est la faute à Voltaire
Le nez dans le ruisseau, c'est la faute à Rousseau
Je ne suis pas notaire, c'est la faute à Voltaire
Je suis petit oiseau, c'est la faute à Rousseau

Tous:
Il est tombé par terre, c'est la faute à Voltaire
Le nez dans le ruisseau, c'est la faute à Rousseau
Si tu n'es pas notaire, c'est la faute à Voltaire
Tu es petit oiseau, c'est la faute à Rousseau

Gavroche:
Je suis tombé sur terre
Meme Dieu ne sais pas comment
Je n'ai ni père, ni mère
Qui m'reconnaissent leur enfant
Je m'suis fait une famille
Avec ce qui n'en ont pas
Joyeux drilles en guenilles
Avec un coeur gros comme ça

Tous:
Il est tombé par terre, c'est la faute à Voltaire
Le nez dans le ruisseau, c'est la faute à Rousseau
Joie est ton caractère, c'est la faute à Voltaire
Misère est ton trousseau, c'est la faute à Rousseau

Gavroche:
Je suis un va-nu-pieds
Mais, nu, le pied va quand même
Je prends ce qui me plaît
Pour payer, pas de problème
Je fais des pieds de nez
Aux marchands et à leurs dames

Tous:
Et pour te rattraper
Il leur faut plus qu'un gendarme

Gavroche:
On me connaît partout
De Clignancourt à Belleville
Je suis aimé par tous
Sauf par les sergents de ville
Je vis de ce qui vient
Et de ce qui ne vient pas
Sans savoir à l'avance
Menu du prochain repas
Misére est mon trousseau

Tous:
C'est la faute à Rousseau
On est laid à Nanterre

Gavroche:
C'est la faute à Voltaire

Tous:
Et bête à Palaiseau

Gavroche:
C'est la faute à Rousseau

Tous:
Si tu n'es pas notaire

Gavroche:
C'est la faute à Voltaire

Tous:
Tu es petit oiseau

Gavroche:
C'est la faute à Rousseau

Tous:
Il est tombé par terre, c'est la faute à Voltaire
Le nez dans le ruisseau, c'est la faute à Rousseau
Si tu n'es pas notaire, c'est la faute à Voltaire
Tu es petit oiseau, c'est la faute à Rousseau
Tu es petit oiseau, c'est la faute à Rousseau

 

La nuit d'angoisse
Feuilly:
Pourquoi doit-on tirer
Pour s'élever contre le meurtre de ses idées
Et pourquoi dominer
Pour renverser à leur tour les dominateurs
Et en quoi espérer
Quand les cartes du jeu sont truquées

Combeferre:
C'est peut-être le dernier
Le dernier coup de blanc
Avant le coup de grâce
Allez, vide ton verre
Et remplis vite le mien
Avant que la mort passe

Enjolras:
Allons, Lamarque est mort
Nous admirions sa bravoure au combat
Il n'est pas mort
Drapeau vivant de ce qui n'en ont pas
Puisqu'on n'a toujours rien, persévérons en tour
Rêvons jusqu'a demain que Paris est à nous

Feuilly:
Souviens-toi des jours heureux
Souviens-toi de nos aveux
Lorsqu'en ajoutant ton age à mon age
Nous ne comptions pas quarante ans à deux
Souviens-toi de nos aveux
Souviens-toi des jours heureux
De dentelle, fleur au corsage et rubans
Où l'amour begaie un argot charmant
Souviens-toi de nos aveux
Souviens-toi des jours heureux

 

Demain (Final 2e acte)
Valjean:
Comment faire
Verrai-je un jour la fin de ce calvaire
Vivrons-nous libres enfin et sans mystère
Sans avoir à trembler sans cesse
À chaque alerte, changer d'adresse
Comment faire

Cosette:
Demain, je ne le verrai plus
Mon sang se glace dans mes veines

Valjean:
Comment faire

Marius et Cosette:
Demain, je ne la verrai plus
C'est comme la foudre que l'on m'assène

Éponine:
Demain, je perdrai peut-être
L'amitié d'un coeur honnête
Qui ne peut me donner plus
Il aime Cosette, je l'accepte

Valjean:
Comment faire

Javert:
Demain, le crime en vacances
Va se croire tout permis
Ce général qu'on encense
Est un prétexte à chienlit

Valjean:
Comment faire

Les Thénardier:
Demain au cortège
C'est nous qu'on soulage
Les ventripotents
De leur trop plein d'argent
De droite ou de gauche
Qu'importe le blason
Si c'est dans vos poches
Pour nous c'est tout bon

Les Amis de l'ABC:
À la volonté du peuple

Gavroche:
À la volonté du peuple

Les Amis de l'ABC:
À la santé du progrès
À la santé du progrès
Saoûle ton coeur d'un chant rebelle

Gavroche:
Saoûle ton coeur d'un chant rebelle

Les Amis de l'ABC et Gavroche:
C'est pour demain, ami fidèle
Demain, demain, demain, demain

Valjean:
Comment faire

Cosette:
Demain, je ne le verrai plus

Javert:
Demain, le crime en vacances

Cosette:
Mon sang se glace dans mes veines

Javert:
Va se croire tout permis

Valjean:
Comment faire

Tous:
(chant et contrechant)

Valjean:
Comment faire
Cosette a bien grandi ces dernier temps
Je sens qu'en elle s'éveille le printemps
Il me faut protéger sa vie
Demain nous partons loin d'ici
Demain sera pour tous un lendemain
Qui ne peut pas mentir
C'est demain que chancun connaîtra son destin

Tous:
Demain, demain, demain

 

Ce n'est rien
Éponine:
Ce n'est rien, Monsieur Marius
Qu'un peu de sang qui pleure
Dernier chagrin de pluie
Aux couleurs de la mort
Qui siffle en rafales au dehors
Dernier chagrin de pluie
Dernier élan de vie
D'un coeur qui n'a servi à personne

Marius:
Mais tu vas vivre, 'Ponine, regarde-moi
L'amour saura refermer ta blessure

Éponine:
Même l'amour ne peut rien pour moi
Prenez-moi dans vos bras

Marius et Éponine:
Ce n'est rien, non ce n'est rien
Qu'un peu de sang qui pleure
Dernier chagrin de pluie
Aux couleurs de la nuit
Qui va bientot enfin nous reunir
Dernier chagrin de pluie
Dernier élan de vie
D'un coeur qui n'a servi à personne

Éponine:
Ce n'est que moi qui pars, vous restez là
Et comme à la noce, je serai absente
Voilà sa lettre, c'est mon cadeau
Quelques mois à l'avance
Ce n'est rien, non ce n'est rien
Qu'un peu de sang qui pleure
Dernier chagrin de pluie
Aux couleurs de la nuit
Qui va bientot enfin nous reunir

Éponine:
Dernier chagrin de pluie
Dernier élan de vie
D'un coeur qui n'a servi à personne
Marius:
Elle n'a vécu
Que pour les autres
L'amour qu'elle n'a pas eu, elle me l'offre

 

L'aube du 6 juin
Enjolras:
J'ordonne, les pères de familles hors de rangs
Un père, ça sert vivant à ses enfants
Je veux quatre volontaires
Pour ramener des pavés
Toi Feuilly, toi Combeferre
Non Joly, toi Bossuet
Il m'en reste encore un qui soit celibataire

Marius:
C'est à moi que revient la dernière cartouchière

Enjolras:
Non, Marius, reste là, pour nous tu es marié

Valjean:
Restez ici, jeune homme, puisqu'on vous le commande
Et laissez-moi ma dernière croisade

Enjolras:
Hé d'où sort-il, celui-là
Hé monsieur, qui êtes-vous
Et que faites-vous donc là?

Valjean:
J'ai rêvé cette nuit
Qu'on m'attendait ici
Je suis vieux, je suis seul
Et je ne sers à rien
Mieux vaux donner ma vie
Pour le progrès du genre humain

Enjolras:
Vous me semblez sincère
Oui, monsieur, je vous crois
Si vous êtes volontaire
Pour cette mission là
Quelles que soient vos raisons
Je vous en remercie
Vous qui sauvez la vie
De mon meilleur ami

Valjean:
Ne me remerciez pas
Faites-moi une faveur

Enjolras:
Dites, Monsieur, laquelle?

Valjean:
Brûler de cet espion
Moi-même la cervelle?

Javert:
Quand tout va de travers
La justice à l'envers

Enjolras:
Eh bien nous sommes d'accord
Le mouchard est à vous

Gavroche:
Alerte, un peloton de sapeurs
Va démolir la barricade
Et les soldats derrière
Se groupent en embuscade

Enjolras:
Tout dehors, amis fidèles

Javert:
Et à tout à l'heure, au ciel

 

Noir ou blanc
Javert:
Je ne marche pas, la vertu d'un fonctionnaire
Ne sera pas prise au piège de la vertue d'un forçat
Il n'y a que deux vérités, l'homme est soit bon, soit mauvais
Mais, lui, qu'est-il, bon ou mauvais, faux ou vrai
Comme si le bien pouvait se servir du mal
Pour faire douter un juste et pour torturer son âme
Je ne veux pas la proie du doute
Cet accident ne peut dévier ma route
Il n'y a que deux sortes d'homme et pas d'autre
Une pour subir et un autre pour sévir
Noir ou blanc, dehors la loi ou dedans
Noir ou blanc, c'est Javert ou Valjean
Pourquoi ai-je permis à cet homme
De me laisser vivre après lui
Sa voix bat comme un métronome
En moi, dit-il vrai ou a-t-il menti?
J'avais le droit d'être tué et d'exiger
Qu'on me fusille de force sur l'heure
Pour ne pas voir Satan vainqueur
Le pardon pour la haine
Malfaiteur bienfaisant
C'est ainsi qu'on gangrène
L'État et ces agents
Être de granit et douter
Être chien de garde et lécher
Être de glace et se voir fondre
Être le rempart au feu qui s'effondre
Je cherche et ne retrouve plus
Qu'étais-je donc?
Que suis-je encore et quel démon
Se joue de moi à mon insu
Je lâche prise, je me noie
Tout à coup comme il fait froid
Quand je regarde vers le fond
Je ne vois que tourbillons
Je préfère quitter ce monde
Qui tolère les Valjean
Et où Javert volerait
Le pain du gouvernement

 

La mort de Gavroche
Gavroche:
Cette fois, Javert, t'arrêtera plus personne
La mort t'a coffré à perpétuité
J'espère qu'là-haut, on s'ra pas dans l'même cachot
Sur terre déjà, on était pas du même combat

Courfeyrac:
Sacré Gavroche, t'as toujours l'mot pour rire
C'est pas la parlotte qui te f'ra guérir

Marius:
Ah les salauds, ils ont tiré sur un enfant
Ils ont, sans savoir, abattu le printemps
Quel Dieu cruel s'abreuve au sang des innocents
Et combien faudra-t-il pleurer d'combattants?

Gavroche:
Notre drapeau était par terre
Rouge de honte et bleu Sali
Moi, j'ai bandi blanc de colère
Allons, enfants de la patrie
Un mec m'a vu, qui m'a crié, qui vive
J'ai dit, révolution française
Ça lui a pas plus ma franchise
M'a mis un pruneau dans la fraise
C'est comme ça, on gagne pas à chaque fois
Donnez, donnez, ma casquette aux copains
C'est tout ce que j'ai et j'en ai plus besoin
Je suis tombé par terre, c'est la faute à Voltaire
Le nez dans le ruisseau, c'est la faute à

 

Marius et Monsieur Gillenormand
Marius:
Grand-père, vous m'avez pardonné
Ma fugue et mes idées
En moi, pourtant rien n'a changé
Sinon que vous m'aimez

Monsieur Gillenormand:
C'est toi qui doit me pardonner
Le mal que je t'ai fait
Trop vieux pour vivre un idéal
Mais j'aime comme tu en parles

Monsieur Gillenormand et Marius:
Comme un seul coeur dans deux poitrines
Que notre amour serve d'idéal
Et notre seule politique
Sera désormais familiale
Cosette nous sera république
Et nous la garderons du mal
Nous lutterons tous deux pour elle
Et sa vie toujours comme au bal
Tournoiera parmi des dentelles
Qu'un violon brode dans le ciel

 

Le mariage: "Soyez heureux"
Les Invités:
A-t-on jamais vu mariée si jolie?
A-t-on jamais vu noce plus réussie?

La Famille:
C'est bon d'avoir ses amis près de soi?

Les Invités:
Soyez heureux, chérissez-vous toujours
Et faites-nous des enfants de l'amour?

Les Mariés:
Comme c'est gentil à vous d'être tous là?

Les Invités:
Soyez heureux, chérissez-vous toujours
Et faites-nous des enfants de l'amour
Soyez heureux, chérissez-vous toujours
Et faites-nous des enfants de l'amour

 

L'aveu de Jean Valjean
Marius:
Mon père, comme je vous aime d'aimer autant Cosette
Vous ne la perdez pas et vous gagnez un fils
Car dans cette maison, votre chambre est toute prête
Et dès que demain matin, chez nous sera chez vous
Nous voulons partager du bonheur avec vous

Valjean:
Si je me tais, je me damne
Si je parle, c'est moi qui me condamne
Monsieur, je ne peux pas usurper votre toit
Je suis ancien forçat, mais la dot de Cosette
Est un argent honnête
Cosette n'est pas ma fille, mais je l'ai recueillie
Comme j'en ai fait serment à sa mère, dans le temps
Et je vous la rends
Si je me tais, je me damne
Si je parle, c'est moi qui me condamne

Marius:
Qu'est-ce que cela veut dire? Mais vous me rendez fou
Dites-moi que je rêve et que ce n'est pas vous
Si tout ceci est vrai, pourquoi me l'avouer
Et n'avoir pas gardé pour vous votre secret
Qu'est-ce qui vous à forcé à parler?

Valjean:
Je ne suis plus dénoncé, poursuivi, ni mis en quarantaine
Sinon que par ma mémoire qui me barre le passage à moi-même
Si je me tais, je me damne
Si je parle, il faut que je me condamne

Marius:
Vous, un forçat qui avez combattu près de moi
Pauvre Cosette, comment lui expliquer tout cela

Valjean:
Non jurez-moi de ne jamais trahir mon secret

Marius:
C'est bien juré

Valjean:
A présent, croyez-vous que je n'doive plus la voir?

Marius:
Oui Monsieur, je crois ce s'rait mieux

Valjean:
Adieu

 

Marchandage et révélation
Madame Thénardier:
Oui, monsieur, c'est ainsi
La misère nous tient à sa merci

Thénardier:
Et d'ailleurs vot'bon coeur
Va pouvoir s'exercer tout à l'heure
En sachant qu'un forçat
Vit à votre insu sous votre toit

Marius:
Oui, je sais, mon beau-père
A tué Madeleine et Javert

Thénardier:
Non, monsieur, pas Javert
Ce journal vous prouv'ra le contraire
Et surtout pas Madeleine

Marius:
Mon enquête m'a conduit jusqu'à Montreuil-sur-Mer
Et je sais bien ce que j'ai découvert

Thénardier:
Vous vous trompez mais pour me faire parler
Il faut payer

Madame Thénardier:
Cinq cent francs, beau billet
J'savais pas qu'on en f'sait d'aussi grand

Thénardier:
Jean Valjean, c'est Madeleine
Comme ce journal vous l'explique sans peine
Mais pourtant ce coquin
Est un voleur et un assassin

Les Thénardier:
Le 6 juin, les malins
S'étaient tous réfugiés aux égouts
Un cadavre sur le dos

Thénardier:
Je l'ai vu qui cherchait la sortie
Part à deux, m'a-t-il dit
De l'argent qu'a sur elle ma victime
Et cette bague en prime

Madame Thénardier:
Pauv'monsieur comme vous voilà surpris
A monsieur c'est affreux
Quand c'est la famille qui vous trahit

Marius:
C'était lui, suis-je bête
C'est un saint que j'ai cru malhonnête
Viens Cosette, c'est la fête
Ton père est de retour à Paris

 

Épilogue: la lumière
Valjean:
Je ne pars plus seul
Je suis heureux
J'ai revu ton sourire
Juste avant de mourir

Cosette:
Vous vivrez, mon père, vous allez vivre
Moi, je veux que vous viviez, entendez-vous

Valjean:
Oui, Cosette, défends-moi de mourir
J'aimerais t'obéir
La lumière est dans le coeur des hommes
Mais s'épuise de brûler pour personne
Aimez-vous pour vaincre les ténèbres
Tant qu'il y aura partout orgueil, ignorance et misère
La lumière, au matin de justice
Puisse enfin décapiter nos vices
Dans un monde où Dieu pourrait se plaire
S'il décidait un jour de redescendre sur la terre
Cosette, aime-le
Marius, aimez-la
Qui aime sa femme, sans le savoir, aime Dieu

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